Zeineb Alhaidari : voici , glanées au cours du dernier forum de dermatologie vétérinaire dAmérique du Nord (Sarasota , avril 2005) , quelques données interessantes en matière de dermatites allergiques :
Zeineb Alhaidari
Allergologie du futur :
Les chémokines dans les maladies allergiques par S. Maeda
Les chémokines dans les maladies allergiques par S. Maeda (le Japon , bien sûr !). Les cellules Th2 expriment sélectivement les récepteurs aux chémokines CCR4 et CCR3. Leur infiltration peut donc être régulée par leurs ligands physiologiques , à savoir TARC et MDC . Il a été démontré que le taux sérique de TARC corrèle la sévérité de la dermatite atopique chez lhomme ; TARC est donc un excellent marqueur clinique de la dermatite atopique (DA). Il en va de même pour MDC , mais on pense que MDC noccupe pas une place aussi prépondérante que TARC dans la pathogènie de la DA. Chez le chien normal , TARC et MDC ne sont pas exprimés constitutionnellement dans la peau , à la différence du chat. Chez les chiens présentant génétiquement des taux élevés dIgE sériques , lARNm de TARC est multiplié par 40 à 600 dans la peau lésée après provocation allergènique ; de même , on note une élévation de lIL13 mais pas de lIL4 chez ces chiens.
Dans cet ordre didées , les antagonistes de ces chémokines constituent potentiellement un traitement prometteur des maladies allergiques .
Allergologie du passé ,du présent , et de toujours :
Lopinion dun vieux clinicien sur les nouveaux traitements en matière dallergie : concepts de diagnostic et de gestion des maladies allergiques chez les carnivores domestiques par Valérie Fadok . Limmunothérapie spécifique (IST) reste pour Valérie Fadok le traitement de choix de la DA , et doit être adapté au cas par cas ( choix des allergènes , de la fréquence dinjections , etc., du sur mesure !). La rush immunothérapie permet darriver à la dose de maintien en un à deux jours seulement mais reste chère (hospitalisation) et risquée. Chez tout animal atopique , il faut également évaluer la part imputable aux hypersensibilités aux piqûres dinsectes (un bon contrôle antipuces est indispensable) , celle qui est induite par les infections bactériennes et fongiques associées (céfalexine à 22 mg deux fois par jour pendant un mois pour les pyodermites , traitement topique au shampoing Malaseb non disponible en France- pour les dermatites à Malassezias), contrôle des otites à laide de topiques auriculaires polyvalents , et réduction du prurit par une approche polythérapeutique (essais successifs de divers antihistaminiques sur des périodes de deux semaines , utilisation des AGE , shampoings répétés au peroxyde de benzoyle pour les peaux grasses , à la chlorhexidine ou au lactate déthyle pour les peaux sèches , shampoings aux extraits colloïdaux davoine pour les peaux non infectées , utilisation ponctuelle de prednisone lors des poussées évolutives). Que du bon sens !
En cas déchec de lIST , la ciclosporine reste une option , mais pour laquelle on ne dispose pas dun recul suffisant , et dont Valérie Fadok avoue ne pas avoir une très grande expérience.
Lallergie alimentaire se traduit par des symptômes similaires à ceux de latopie , avec parfois en sus des manifestations digestives. Le diagnostic est basé sur la réalisation dun régime déviction , suivi en cas damélioration des symptômes par une réexposition séquentielle . Les régimes industriels à base de sources de protéines originales (kangourou , canard , mouton , ...) ont la faveur de Valérie Fadok par rapport aux hydrolysats de protéines. Il faut en tous cas essayer au moins deux régimes différents , voire plus , avant décarter définitivement cette hypothèse. Selon elle , le point faible reste les « à côté » auxquels il convient de sensibiliser le propriétaire. En cas de pyodermite associée , une antibiothérapie est réalisée les quatre premières semaines de régime déviction , maintenu ensuite seul pour quatre semaines supplémentaires.
- Et chez lhomme ?
IST par MC Glaum . Les mécanismes daction de lIST ne sont pas encore clairement définis. Il pourrait sagir :
- dune élévation des IgG1 et des IgG4 spécifiques (théorie des anticorps bloquants) - dune diminution progressive des IgE spécifiques - dune élévation des IgA et des IgG spécifiques dans le nez - dune diminution des mastocytes et des éosinophiles dans le nez et dans les bronches - dune diminution de la réactivité des basophiles aux allergènes - dune augmentation des CD8 suppresseurs - dune diminution des CD4+ dans la muqueuse nasale et la peau - dune élévation des CD3+ dans la peau - dune diminution des récepteurs IgE à basse affinité sur les lymphocytes B
Chez lhomme , environ 90% des patients sous IST présentent une amélioration de 50 à 75 % de leurs symptômes. Une étude récente a montré quun arrêt de lIST après 3 à 4 ans nentraîne pas de rechutes sur un suivi de 4 ans.
Les réactions à lIST sont essentiellement des réactions locales , exceptionnellement des réactions anaphyllactiques.
Les contre-indictions à lIST chez lhomme sont : un asthme sévère , un immunodéficit , un cancer , une maladie cardio-vasculaire , lutilisation de beta-bloquants , lâge (enfants de moins de 5 ans). Enfin , lISt ne constitue pas le traitement de lallergie alimentaire , ni de leczéma , ni de luticaire .
- Et enfin , entendu au fil des courtes communications :
- LITS nentraine pas damélioration de lasthme chez les chats allergiques (Trimmer, Griffin , Boord et Rosenkrantz)
- On le savait , mais cest démontré implacablement par cette étude : les tests in vitro réalisés sur des échantillons variés danimaux non allergiques par 4 laboratoires US peuvent donner des résultats positifs (DeBoer , Verbrugge et Hartmann)
- La topographie des lésions de DA nest pas déterminée par la voie dexposition à lallergène , et la voie percutanée joue le rôle prépondérant (Marsella , Nicklin et Lopez).