Morceaux choisis du North American Dermatology forum (avril 2008)Zeineb Alhaidari
1 - Quelques rappels concernant les PCR - JE Sykes
Privilégier la réalisation de PCR en temps réel,moins sujettes à contamination et faux positifs.
Demander des PCR ciblées (trop dagents recherchés entraîne une moindre sensibilité dûe à la consommation de réactifs)
Les résultats doivent être interprétés à la lumière de la clinique (comme pour nimporte quel test diagnostic).
Si la pathogénie est essentiellement immuno-induite, lorganisme peut se trouver en si faible quantité quil ne sera pas forcément détectable.
Si le portage est fréquent, un résultat positif ne esignifiera pas forcément que lorganisme mis en évidence soit à lorigine du problème.
Si la PCR recherche des organismes pour lesquels lanimal a reçu récemment un vaccin vivant, un résultat positif ne sera pas forcément significatif.
L a PCR dépend de léchantillon. Lorganisme est à rechercher là où il se trouve (par exemple leishmanies dans les ganglions ou la peau, pas dans le sang). La méthode de prélévement et lenvoi peuvent également affecter le résultat.
2 - Les staphylocoques méthi -résistant sont dactualité - DO Morris
On distingue d'une part des méthi-résistances acquises nosocomiales pour lesquelles les facteurs de risque sont les états d'immunodépression , les interventions médicales et chirurgicales " lourdes " , et l'hospitalisation , et des méthi-résistances " communautaires " pour lesquelles les facteurs de risque sont la vie en communauté. Cinq types différents de staphylocoques dorés méthi-résistants (MRSA) ont été isolés : les types I , II et III sont typiquement associés aux méthi-résistances nosocomiales , tandis que les types IV et V sont associés aux méthi-résistances communautaires. Lors d'une étude rétrospective menée à Philadelphie , le sérotype SCCmec type II a été le plus fréquemment isolé chez l'animal de compagnie (essentiellement chiens et chats) tandis que l'on notait une augmentation de la fréquence de 15 à 40% des MRSA chez les enfants hospitalisés , avec une prévalence de SCCmec type IV .
Les résistances sont beaucoup plus fréquentes chez MRSA que chez MRstaphylococcus intermedius (MRSI) tandis que MRstaphylococcus schleiferi (MRSS) reste sensible à de nombreux antibiotiques ne présentant pas la structure béta-lactame. Les études menées chez SS concernant les méthi-résistances sont contradictoires.
Le groupe SI a été subdivisé en 3 espèces : S. intermedius , S. pseudintermedius , et S. delphini , le pathogène primaire chez le chien étant pseudintermedius. Les études menées ont démontrées une clonalité des pseudintermedius méthi-résistants , alors que les souches sensibles présentent une grande hétérogénéité génétique. Le séquençage du gène mecA révèle en outre un très haut degré d'homologie avec le même gène du staphylocoque doré , suggérant un passage horizontal , l'animal de compagnie pouvant alors servir de réservoir de souches méthi-résistantes.
3 - Diagnostic et traitement du prurit chez le cheval - SL White
La majorité des prurits saisonniers sont imputables à des piqûres d'insectes dans l'espèce équine. Les hypersensibilités dûes aux Culicoïdes sont classiquement caractérisées par une distribution dorsale avec une atteinte sévère de la crinière et de la queue. Néanmoins, il existe des espèces de Culicoïdes qui reconnaissent d'autres topographies préférentielles de piqûres. Une prédisposition génétique a été démontrée pour ce type d'hypersensibilité. Les piqûres d'Hematobia sp. sont en cause dans la dermatite de la ligne médio-ventrale et sont caractérisées par des lésions bien démarquées exsudatives. Les piqûres de simulies affectent généralement la tête et la face interne des oreilles. Les mouches induisent souvent des dermatites exsudatives des jambes , et/ou de l'urticaire tandis que les piqûres de moustiques induisent des papules d'urticaire sans croûte centrale à la différence des autres insectes piqueurs. On retiendra que les chevaux présentant une réaction à un antigène d'insecte présentent souvent des réactions croisées à d'autres insectes. Cependant, les IDR per se ne permettent pas d'affirmer un diagnostic d'hypersensibilité aux piqûres d'insectes , puisqu'on a démontré que plus de 50% des chevaux normaux présentent des IDR positives.
En ce qui concerne l'atopie , le prurit et les lésions d'urticaire sont symétriques , ont une tendance à devenir perannuels , et affectent la face , les oreilles , le cou , les jambes , et parfois le dos. Les chevaux atopiques peuvent présenter une folliculite éosinophilique stérile.
L'allergie alimentaire quant à elle est rare. Elle est diagnostiquée par la mise en place d'un régime d'éviction basé sur l'administration exclusive de foin pendant quatre semaines , puis une réexposition séquentielle. Les allergènes les plus fréquemment incriminés sont ceux qu'on trouve dans les mélasses.
En ce qui concerne les IDR chez le cheval , on retiendra que seuls les allergènes en phase aqueuse sont indiqués dans cette espèce , les autres étant irritants , de même que de nombreux mélanges. Par ailleurs une réaction positive n'implique pas un diagnostic d'atopie , et la taille de la réaction n'est pas du tout corrélée à l'importance clinique de l'allergène. 50% des chevaux normaux peuvent présenter des IDR positives. Enfin , la fréquence des réactions positives aux moisissures et aux insectes augmente avec l'âge. Il est donc absolument indispensable de corréler les résultats des tests à l'anamnèse et à la clinique. En ce qui concerne les tests in vitro , la corrélation est mauvaise avec les IDR.
Le contrôle des hypersensibilités aux piqûres d'insectes passe par une stabulation avec pulvérisation régulière de pyréthrines et utilisation de ventilateurs , ou , pour les chevaux au pré , application de perméthrine , et mise en oeuvre de barrières mécaniques type vaseline sur la face interne des oreilles , ou utilisation de couvertures et chemises imprégnées de répulsifs.
Les corticoïdes restent le traitement de choix du prurit dans cette espèce. La prednisone a une biodisponibilité très variable chez le cheval , on lui préfère donc la prednisolone à la dose de 1 mg/kg/j jusqu'au contrôle des symptômes. Chez les animaux ne répondant pas à l'administration de prednisolone , on peut utiliser la dexaméthasone à la dose de 0,05 à 0,1 mg/kg.
L'efficacité de l'immunothérapie spécifique dans le traitement des hypersensibilités aux piqûres d'insectes n'a pas été démontrée dans l'étude en double aveugle de Barbet , par contre , elle donne de bons résultats dans le traitement des chevaux atopiques , selon Valérie Fadok.
4 - Courtes communications
Evaluation de la perte insensible en eau dans la dermatite atopique : une étude pilote chez des beagles sensibilisés aux acariens de poussière de maison (K Hightower et al). Cette étude montre que si chez des chiens normaux , une exposition à des allergènes ne change pas les pertes insensibles en eau , sauf au niveau du menton, elle entraine une différence significative chez les chiens sensibilisés au niveau des topographies classiquement affectées dans la dermatite atopique par rapport aux autres zones corporelles.
Investigation des effets pruritogènes de l'histamine, de la sérotonine, de la tryptase, de la substance P, et de l'IL2 chez le chien (MN Carr et al). Curieusement, aucune de ces substances n'induit un prurit plus important que celui provoqué par des injections de sérum physiologique. Toutes ces substances n'induisent qu'un érythème ou une papule d'urticaire, à l'exception de la substance P, qui n'entraîne aucune réaction.
Comparaison de méthodes d'évaluation subjective et objective des tests d'IDR chez le chien atopique (T.Hubbard et al). Il existe une bonne corrélation des résultats obtenus par la méthode subjective utilisée par des dermatologues expérimentés, et la méthode objective (mesure de la papule d'urticaire) utilisée par des résidents en dermatologie inexpérimentés, notamment pour les réactions extrêmes (contrôles et réactions fortement positives).
Détermination des populations T régulatrices et de l'IL 10 sérique chez des chiens contrôles sains et chez des chiens atopiques traités par immunothérapie spécifique (KE Keppel et al). Un anticorps foxP3 a été utilisé pour marquer une population TCD4+ régulatrice et a permis de démontrer une augmentation des populations T régulatrices lors d'immunothérapie spécifique, de même qu'un test Elisa a permis de mettre en évidence une élévation de l'IL 10 , et ce, d'autant plus que la réponse est bonne. Probablement la communication la plus interessante de ce congrès.
Utilisation de l'azithromycine dans le traitement de l'hyperplasie gingivale induite par la cyclosporine, avec de bons résultats à la dose de 5,6 mg/kg/j(A Diesel et K Moriello)